Le Francombat - Menace terroriste - Fédération de Francombat, Alain Basset Self-Défense

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Vivre avec la menace terroriste

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Post-face du Dr Gérard CHAPUT
 
 
Spécialiste du stress opérationnel
 
et du traumatisme psychique
 
Président de la Fédération de Francombat

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Chaque homme, chaque femme épris de liberté et de vérité a été profondément blessé par les derniers attentats. La peur semble bien s’être installée dans les esprits de nos concitoyens. Peut-être durablement !
C’est un type nouveau (vraiment ?) de guerre que nous ont imposé les terroristes issus du fondamentalisme islamique, prêts à tout pour le succès de leur idéologie liberticide, et barbare. Car ce sont bien des barbares qui ont frappé une nouvelle fois des innocents en plein cœur de Paris. Ce qu’ils veulent, c’est nous soumettre pour que nous courbions l’échine. Ce sera impossible car le peuple français est un peuple fier. S’il met un genou à terre, c’est pour se relever aussitôt.
L’objectif des terroristes est de nous faire vivre avec la peur au ventre dans leur monde celui du fondamentalisme religieux. Ils veulent nous imposer des coutumes barbares d’un autre temps, nous réduire en esclavage, nous couper de nos valeurs. Ils n’ont que faire du respect de la dignité à laquelle a droit tout être humain. Non, ces événements dramatiques ne feront pas des citoyens que nous sommes des esclaves de la peur. Le drapeau tricolore nous unit. La devise nationale nous rassure. Elle est et sera toujours : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Vivre dans la peur, c’est en être l’otage, c’est perdre sa liberté.
La crainte de l’attentat, la peur du risque potentiel pourrait faire naître deux tentations. La première serait pour le citoyen de réclamer de l’État une politique « du tout-sécuritaire » qui, au final, nous affranchirait d’une implication nécessaire en déléguant aux services concernés la protection des personnes. Si l’État est bien en charge de la sûreté nationale en mettant en place un ensemble de mesures de protection contre les actes de malveillance (y compris de terrorisme), il revient à chacune et chacun de s’y associer en retrouvant des attitudes de vigilance et d’anticipation au service du bien commun.
La seconde des tentations serait de riposter soi-même à la violence par la violence, même si celle-ci s'impose parfois pour garantir sa liberté. Les demandes d’autorisation de port d’armes, actuellement en très forte augmentation, sont le signe de réponses irrationnelles aux menaces potentielles.
Dans des situations de violence parfois extrêmes, lorsqu’il est question de vie ou de mort, c’est toute la préparation en amont qui permet à l’individu de faire face, de faire le meilleur choix ou le moins mauvais. Parfois, la prise de décision devra se faire dans la fulgurance. C’est le mode de fonctionnement au quotidien des forces de l’ordre lorsqu’elles assurent notre sécurité. Leur entraînement est adapté à ces contraintes temporelles.
Mais les forces de l’ordre ne sont pas toujours présentes lors de situations de violence. Que faire alors ? Subir ou prévenir ? Se préparer en s’inscrivant dès le lendemain dans les salles de sports de combat et d’arts martiaux ? L’apprentissage technique de la self-défense est long et la technique ne résout pas tout.
Faire face à la violence extrême, suppose d’être fort physiquement, de disposer de techniques de combat, de tout faire pour ne pas avoir à s'en servir. Pourra-t-on être prêt les employer si cela est nécessaire. En aura-t-on la force mentale.
Disposer d’un solide bagage technique, ne suffit pas. Combien de bons techniciens en sports de combat se sont retrouvés à l’hôpital face à des adversaires sournois, rompus aux techniques de bagarre de rue.
Il est essentiel de travailler très en amont des conflits, de prendre en compte l’approche stratégique et la mettre en place. La technique vient toujours se mettre au service de la stratégie.
Le premier conseil, le plus précieux me semble-t-il, à donner pour qui veut être en capacité de se sortir d’un mauvais pas est celui-ci : «  Il faut s’attendre à tout. » Tout peut arriver. Des dangers comme des opportunités.  L’agression inattendue provoque le plus souvent un effet de surprise qui oblige à réagir dans l'urgence. Une violente décharge de stress surprend le sujet marquée par une brusque montée de l'adrénaline, par une réactivité émotionnelle intense et au plan cognitif une interprétation de la situation le plus souvent peu adaptée… Ce qui provoque un amoindrissement considérablement des capacités réactives.
La vigilance, l’état d’éveil La vigilance est capitale en situation de danger, lorsque la tension se fait palpable.
L'état d’éveil est une obligation de sécurité dans la rue. Il est ce juste équilibre entre les attitudes de paranoïa qui nous font voir des agresseurs partout et ce doux angélisme qui consiste à penser que tout être humain est naturellement bon et animé des meilleures intentions pour son prochain[1]. Le rôle de l’état d’éveil est de nous alerter dans les situations de danger, de nous inciter à nous y soustraire chaque fois que cela est possible (un combat évité est toujours un combat gagné) ou de nous exhorter à y faire face dans les meilleures conditions.
Comment être en état d’éveil ? Tout d’abord, et c’est une banalité, pour être en état d’éveil il ne faut pas être endormi. Le somnolent, l’inattentif ne perçoit rien car l'éveil, c'est d’abord et avant tout l'ouverture de tous les organes des sens. « La connaissance du monde nous vient à travers la porte des sens » affirme Héraclite. Précisons que toute perception doit être soumise à la critique sous peine d’être corrompue tant les organes des sens peuvent parfois nous mentir.
En situation à risque terroriste, tous les organes des sens doivent être sollicités.
• La vue d’abord. C’est le canal préférentiel de la perception pour la grande majorité de nos concitoyens. Il convient de s’habituer à avoir un regard mobile, souple, balayant l’environnement à la recherche d’indices. L’erreur serait de se focaliser sur une cible précise avec comme conséquence directe une fermeture de l’angle de vision. Apprendre à Regarder pour Voir. Mais les autres organes des sens participent eux aussi à la prise de renseignements.
• L’ouïe seconde la vision à la recherche d’indices sonores. Il s’agit d’entendre pour (mieux) écouter. Sur le plan attentionnel, on cherchera à détacher les bruits qui ne sont pas en cohérence avec l’ambiance du milieu. « Si un bruit te dérange, écoute-le » dit une chanson du compositeur John Cage.
• L’odorat sera lui aussi en quête d’odeurs inhabituelles ou inadaptées à l’environnement immédiat (feu, poudre, produits toxiques…).
C’est un long apprentissage que de réaliser cette sommation sensorielle, que d’apprendre à discerner sur l’instant les informations qui seraient sans cohérence avec le contexte.
La vigilance, quel intérêt ?
« Le meilleur moyen d'être sauf, c'est de ne pas se croire en sécurité » affirmait Thomas Fuller (homme d’église et historien anglais). Sans sombrer dans des attitudes de paranoïa, la simple observation de son environnement permettrait bien souvent de se jeter dans la gueule du loup. C’est la pratique habituelle de l’ensemble du monde animal. Les troupeaux sauvages dans la jungle se savent sans cesse menacés par des prédateurs et ne doivent leur salut qu’à eux-mêmes. Point de milice armée animale pour assurer la sécurité de l’antilope. Même seule au milieu de la savane, elle ne baisse pas la garde. Sa vigilance est extrême car elle ne peut compter que sur elle-même. Nos animaux domestiques font de même. Ils ne mangent pas leur repas sans avoir regardé le plat ou l’avoir senti. Le chien tourne sur lui-même avant de se coucher.
L’attention à l’environnement lors de situations potentiellement dangereuses, la prise en compte de tout ce qui se présente dans le champ informatif sensoriel ne doit jamais nous faire oublier qu’il existe des contraintes à la perception. Ainsi, on ne voit que ce que l’on peut voir, mais aussi seulement ce que l’on veut voir et le plus souvent ce que l’on a appris à voir. Ainsi s’explique, pour des unités opérationnelles de haut niveau, l’importance d’entraînements les plus réalistes possible dans des environnements difficiles.
Toute perception place le sujet dans « l’ici et maintenant » des situations. Être dans le présent, c’est assurer une analyse précise des risques et des menaces pour réaliser l’action la plus adaptée à ces menaces ou à ces risques.
Pour être en état d’éveil, l'esprit doit être désencombré de toutes cogitations superflues, sinon ce qui est perçu par les organes des sens ne sera pas interprété. Autrement dit, si une caméra fonctionne en l’absence du caméraman à quoi pourraient bien servir les images ? C’est pourquoi, en situation de danger, tout doit donc être aussi calme que possible tant du côté de la conscience que de l’inconscient. La rêverie, l’inattention génèrent l'absence d'éveil et conduisent parfois les individus à la catastrophe. Ainsi, un de mes camarades en Afghanistan s’est retrouvé à proximité d’un terroriste prêt à faire usage de ses explosifs à cause d’un moment de distraction. Il se questionnait pour savoir si à la rentrée scolaire suivante il placerait sa fille dans un lycée privé ou un lycée public. Le prix à payer aujourd’hui de cette rêverie est  une forte culpabilité d’avoir mis la vie de ses camarades en danger maximal.
L’éveil est une rupture avec l’habituel, et pour être en état d’éveil, il faut le vouloir. C’est donc un exercice de la volonté. Il convient de s’y entraîner non seulement pour s’habituer à détecter des dangers ce qui conduirait rapidement à une forme de paranoïa, mais surtout à percevoir des opportunités.
L’état d’éveil intérieur
La vigilance externe est essentielle car elle vise les prémices d’un danger dans l’environnement immédiat. La vigilance interne concerne l’attention à ses intuitions  qui est elle aussi d’une importance majeure. L'intuition est cette forme de connaissance directe qui exige de se tourner vers soi, de pénétrer en soi. Le docteur Daniel Capon de l'Université de Toronto et de l'Université du Maryland en a donné une définition très médicale : « C'est la plus ancienne faculté de l'homme, elle s'apparente à un instinct supérieur apparu avant même la parole. Elle est aujourd'hui cachée derrière l'intelligence rationnelle, mais on peut y accéder de nouveau et en tirer profit. ». Elle « procède de notre cerveau le plus ancien, le cerveau primitif qui possède le plus d'expériences et de ressources insoupçonnée. ». Dans son ouvrage L’Éveil de l’intuition[2], Frances Vaughan explique que si nous ne pouvons pas grand-chose pour provoquer la venue de l'intuition, nous pouvons par contre beaucoup pour créer les conditions propices à son émergence.
Avouons-le, nous ne sommes que trop rarement présents à nous-mêmes et lorsque nous le sommes, nous ne nous écoutons pas vraiment.
Nous n’écoutons pas assez notre corps et nous en payons parfois le prix fort, mais nous n’écoutons pas davantage le murmure intérieur qui donne accès à l’in tueri. La modernité est l’avènement du bruit. Le brouhaha permanent que nous impose le style de vie moderne nécessite, pour redécouvrir son intériorité, de prendre le temps de faire l’expérience du silence d’abord extérieur de nous-mêmes puis à l’intérieur.
Pour s’extraire du vacarme, Il faut le vouloir et donc mobiliser le courage pour affronter le silence, pour laisser surgir le silence intérieur, dont chacun peut enfin découvrir qu’il est plutôt murmure et sensations corporelles.
Ces conditions permettent de découvrir ou de retrouver l’unicité de notre être.
Percevoir pour s’adapter
La capacité d’adaptation s’appuie en grande partie sur la perception qu’elle prolonge. S’adapter, voilà un verbe bien souvent prononcé mais trop souvent mal compris. L’étymologie nous permet de comprendre l’essence même de l’adaptation en nous  précisant ses deux origines qui conduisent à deux dispositions à travailler.
1.      Ad aptus tout d’abord, être « apte à » ce qui suppose l’acquisition préalable de techniques opératoires afin d’obtenir des compétences,
2.      Adaptare qui signifie s’ajuster à, de s’accommoder de. Autrement dit, s’adapter c’est faire faire d’abord avec ce qui est mais aussi à partir de ce qui est.
Enfin, je ne saurais terminer ce texte évoquer rapidement l’anticipation. Anticiper, c’est « prendre avant[3] », c’est devancer, c’est prévenir… Anticiper ce n’est pas prévoir, c’est surtout accepter de sortir des schémas mentaux prédigérés et des réflexes habituels. Cette projection dans le futur s’appuie le plus souvent sur les expériences du passé, mais aussi sur ses compétences verbales ou techniques, sur ses habitudes cognitives d’analyse de situations. L'anticipation est une composante essentielle pour la capacité d’adaptation par avance aux situations délétères. Elle repose en grande partie sur les perceptions.
Anticiper, c'est devancer l'action de notre adversaire, c'est tenter de prendre un temps d'avance sur lui. C’est éviter la surprise, l’emballement psychique qui fait perdre tout contrôle et conduit bien souvent vers des comportements de décrochage moral.
Anticiper, s’adapter, être en état d’éveil ne seraient rien si nous ne sous-tendions pas tout cela sur un socle fondateur de valeurs humaines.
Que veulent les terroristes ? Nous anéantir, nous diviser, nous opposer, nous jeter les uns contre les autres[4]. Ils veulent nous faire renier nos propres valeurs faites de Liberté, d’égalité, de fraternité, de tolérance, de respect pour toute vie humaine. Face à cette violence qui nous est opposée, chacun doit résister à la barbarie terroriste (sans forcement céder à la violence mimétique) en édifiant et en consolidant notre socle de valeurs humanistes. C’est en s’appuyant sur ces valeurs que nous pourrons inhiber, en situation critique, les ripostes violentes issues de l’animalité (c’est une réaction archaïque de survie), et réprimer les instincts de vengeance. Pour des unités combattantes, ce socle de valeurs est un garde-fou au décrochage du sens moral car il limite l’ivresse du combat et empêche de tomber dans la jouissance de tuer, dans l'ivresse du feu bien connue des militaires.
C’est encore ce socle de valeurs qui nous permet de rester debout ou de nous relever en gardant notre dignité d’homme et cela même dans la douleur de l’épreuve.


[1] Le sujet adhère à la croyance d’un monde toujours juste (on a ce qu’on mérite) et se retrouve alors désemparé lors d’une agression.
[2] Frances Vaughan : L’Éveil de l’intuition, coll. «  Champs PSI », éd. La Table Ronde, 1984.
[3] Du latin ante capere prendre avant.
[4] F. Hollande, Discours lors de l’hommage national aux victimes du 13 novembre 2015, Paris
 
 


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